Sans la mobilisation d’un peu de trésorerie court terme, il s’avère extrêmement difficile de pouvoir engager un redressement de l’entreprise et ce pour plusieurs raisons :

La trésorerie est nécessaire pour assumer le paiement des engagements, tant que la situation de l’entreprise est en perte

Toute négociation, notamment avec des fournisseurs et des banquiers nécessite des gages, et ceux-ci sont basés sur des éléments rationnels, certainement dans un contexte où l’entreprise aura pu faire des promesses qu’elle n’aura pu tenir.

Dans certains cas, des fournisseurs préfèreront abandonner une partie de leur créance au profit d’un paiement immédiat du solde, cela ne sera possible que si l’entreprise peut effectivement payer ce solde.

Certains investissements peuvent paraître stratégiques en pleine période de crise, ne serait-ce que pour continuer à faire marcher l’entreprise, après qu’elle a engagé un plan de licenciement. Un investissement productif est parfois le seul moyen pour que l’outil tourne en quantité suffisante après beaucoup de départs.

Comment retrouver de la trésorerie ?

En améliorant le BFR :

La réduction du BFR permet de disposer d’un levier de liquidités en réalisant les actions suivantes :

Créances clients : Optimiser les possibilités d’encaissement à la commande, renégocier les conditions de règlement, favoriser les clients qui règlent rapidement, voire en accordant de l’escompte sur facture

Dettes fournisseurs : renégocier des conditions de paiement, certaines entreprises ont accepté un peu rapidement en France les conditions de la Loi de Modernisation Economique sans se rendre compte qu’elles n’arrivaient pas à améliorer avec leurs clients la restriction du crédit qu’elles subissaient de leurs fournisseurs.

Certaines entreprises ont perdu avec la Loi de Modernisation de l’Economie, environ 15 jours de chiffre d’affaires, difficiles à rattraper ensuite.

Etaler les dettes en retard.

Stocks : écouler les stocks morts, ajuster la production et les stocks de sécurité

En améliorant le fonds de roulement :

  • Vendre les bijoux de famille, c’est à dire des biens de valeur mais qui ne sont pas au cœur de l’exploitation de l’entreprise, généralement immeuble (quitte à le vendre et le relouer derrière en réalisant une opération de lease back), terrain, activité qui n’est plus dans le cœur de business
  • Trouver des fonds propres même de manière temporaire sous forme d’apports en compte courant : dès que le dirigeant aura l’assurance de disposer de ces ressources nouvelles, il sera opportun, avant qu’elles soient apportées, de négocier avec les partenaires bancaires dans quelles conditions ils pourraient également accompagner l’entreprise dans des ressources de haut de bilan, puisqu’en remettant de l’argent, le dirigeant affirme qu’il a pour sa part pleinement confiance dans le projet.

Il s’agit d’un effet de levier non négligeable, et bien dans l’esprit donnant- donnant des négociations bancaires de ce temps.

  • Trouver du financement extérieur, hors le point ci-dessus, certains dispositifs appuyés par l’Etat ont essayé de redonner un peu d’air aux trésoreries très difficiles des entreprises

Sans trésorerie, il n’est notamment pas possible d’alléger le personnel dans des conditions correctes, puisque le départ de celui-ci débute par le paiement des préavis, indemnités et mesures d’accompagnement.

Certaines entreprises périclitent, non parce qu’elles n’avaient pas un avenir avec leur portefeuille produits et clients, mais parce qu’elles n’ont pas eu les moyens financiers de mener à bien leur plan d’allègement de charges et notamment de coûts du personnel.

En aucun cas, le fait de trouver de la trésorerie ne doit se réaliser en cassant la qualité des produits, la prestation vis-à-vis des clients ou les conditions de marge, sauf à obérer complètement les possibilités de redressement à terme de l’entreprise.

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